D’où vient le mot taxi ? Du taximètre, le compteur. Le mot a été fabriqué en Allemagne vers 1890, à partir du latin taxa, le prix à payer, et de mètre, la mesure. Le taxi porte donc le nom de l’appareil qui calcule un prix juste. Et l’idée est bien plus vieille que la voiture : elle remonte à Rome.
L’histoire du taxi en 10 dates
- Ier siècle av. J.-C. : L’architecte romain Vitruve décrit un compteur de distance à billes.
- 1637 : Les premiers fiacres, voitures de louage avec cocher, apparaissent à Paris.
- 1657 : Une ordonnance de Louis XIV encadre le métier : voitures numérotées, règles de conduite.
- 1891 : L’Allemand Friedrich Wilhelm Bruhn brevète le taximètre moderne.
- 1897 : À Stuttgart, une Daimler Victoria devient la première voiture de place à moteur équipée d’un taximètre.
- 1905 : Naissance à Paris de la Compagnie française des automobiles de place, les futurs taxis G7.
- 1907 : Harry Allen lance les premiers taxis à compteur de New York, peints en rouge et vert.
- 1914 : Les taxis de la Marne emmènent des renforts au front.
- 1953 : Le lumineux TAXI devient obligatoire sur le toit des taxis parisiens.
- 2014 : La loi Thévenoud fixe les règles entre taxis et VTC.
Rome : le premier compteur tenait dans un seau de billes
Dans la Rome antique, on pouvait louer aux portes des villes un cisium : un petit char léger à deux roues, tiré par un ou deux chevaux, conduit par un cocher, le cisiarius. Deux passagers au plus, un trajet rapide, un prix à la course.

Un cisium romain, d’après un bas-relief
Le détail étonnant vient de l’architecte Vitruve. Il décrit un compteur de distance fixé à une roue : à chaque mille romain, environ 1,5 km, une petite bille tombait dans un récipient. À l’arrivée, on comptait les billes. On ne sait pas si les loueurs de cisium s’en servaient vraiment pour faire payer leurs clients, mais l’idée du taxi est déjà là : un trajet privé, payé selon la distance.
1637 : les fiacres, premiers taxis de Paris
En 1637, rue Saint-Martin à Paris, Nicolas Sauvage ouvre un dépôt de voitures de louage avec cocher. En face, une maison porte l’image de saint Fiacre, un moine irlandais du VIIe siècle. Les voitures prennent son nom : les fiacres. Pour la première fois, n’importe qui peut louer une voiture avec chauffeur dans Paris.

Un fiacre, l’ancêtre du taxi parisien
Vingt ans plus tard, en 1657, une ordonnance de Louis XIV encadre déjà le métier : les voitures sont numérotées et les cochers doivent respecter des règles de conduite. Un prix encadré et un chauffeur contrôlé, ce n’est donc pas une invention récente. À Londres, à la même époque, naissent les hackney carriages, ancêtres des black cabs.
D’où vient le mot « taxi » ?
Du compteur. En 1891, l’ingénieur allemand Friedrich Wilhelm Gustav Bruhn fait breveter son Taxameter, un appareil qui calcule le prix selon la distance. Le nom vient du latin médiéval taxa, la taxe ou le prix, et de mètre, la mesure.

Le taximètre, l’appareil qui a donné son nom au métier
En France, on parle d’abord de fiacre à taximètre, puis de taxi-auto, puis tout simplement de taxi. Le mot ne désigne donc pas la voiture : il désigne le compteur. Ce petit boîtier a mis fin aux prix négociés au bord du trottoir. Il protège le client, et c’est toujours son rôle : mon taximètre passe une visite de contrôle chaque année.
Des chevaux aux moteurs, et du rouge au jaune
En 1897, à Stuttgart, une Daimler Victoria devient la première voiture de place à moteur équipée d’un taximètre. À Paris, la Compagnie française des automobiles de place est créée en 1905 : ses voitures, garées au garage n°7 de Saint-Ouen, deviendront les taxis G7. Beaucoup roulent en Renault AG, une petite deux-cylindres.

Un taxi Renault du début du XXe siècle
À New York, Harry Allen lance en 1907 les premiers taxis à compteur, avec des voitures importées de France. Ils sont peints en rouge et vert. Le jaune vient juste après, parce qu’il se voit de loin : Albert Rockwell l’adopte vers 1908, puis John Hertz en fait une marque avec sa Yellow Cab Company, à Chicago, en 1915.

Un Yellow Cab des années 1920
Les taxis de la Marne
Début septembre 1914, l’armée allemande approche de Paris. Le général Gallieni, gouverneur militaire de la capitale, doit envoyer d’urgence des renforts vers la Marne. Il fait réquisitionner les taxis parisiens : environ 630 voitures, surtout des Renault AG, se rassemblent aux Invalides le soir du 6 septembre et partent de nuit, avec quatre ou cinq soldats chacune.

Reconstitution des taxis de la Marne
Leur poids militaire se discute encore, mais le symbole est resté : des chauffeurs qui connaissent leur ville et qui répondent présent quand on a besoin d’eux.
Taxi ou VTC : ce qui n’a pas changé
Dans les années 2010, les applications de VTC arrivent en France et bousculent le métier. La loi Thévenoud, en 2014, fixe les règles entre les deux. Le taxi s’est mis lui aussi à la réservation en ligne et au paiement sans contact, mais il a gardé ce qui le définit depuis le début : un compteur homologué et des tarifs fixés par la préfecture.
Le Code des transports le dit en une phrase : un taxi est une voiture de huit places au plus, conducteur non compris, équipée d’un taximètre, d’un lumineux et d’un terminal de paiement, dont l’exploitant détient une autorisation de stationnement, et qui transporte contre paiement des personnes et leurs bagages.
Si vous vous demandez pourquoi le compteur affiche déjà quelques euros quand vous montez, je l’explique dans mon article sur les frais d’approche. Et les prix officiels des Côtes-d’Armor sont sur ma page tarifs.
Sur les traces des fiacres
J’ai commencé le métier en 2010, à Paris, la ville des fiacres, de la G7 et des taxis de la Marne. J’y ai roulé quatorze ans avant de revenir en Bretagne en 2024. Aujourd’hui je suis taxi à Pleumeur-Bodou, sur la Côte de Granit Rose.
Le métier a changé de véhicule, mais pas d’âme.
Quand je roule sur les routes de la côte, je pense parfois à tous ces chauffeurs qui m’ont précédé, du cocher de fiacre au chauffeur réquisitionné en 1914. Transporter les gens en sécurité, connaître son territoire, être là quand on a besoin de vous : c’est ce que je fais chaque jour.
Questions fréquentes sur l’histoire du taxi
D’où vient le mot taxi ?
Du taximètre, le compteur. Le mot allemand Taxameter, créé vers 1890, vient du latin médiéval taxa, la taxe ou le prix à payer, et de mètre, la mesure. En France, on a parlé de fiacre à taximètre, puis de taxi-auto, puis simplement de taxi.
Qui a inventé le taxi ?
Personne en particulier : l’idée de payer un trajet privé existe depuis l’Antiquité, avec le cisium romain loué aux portes des villes. À Paris, les premiers fiacres de louage apparaissent en 1637, et le taxi à moteur avec compteur naît en Allemagne en 1897.
Qui a inventé le taximètre ?
L’ingénieur allemand Friedrich Wilhelm Gustav Bruhn, qui le fait breveter en 1891. Bien avant lui, l’architecte romain Vitruve décrivait déjà un compteur de distance qui faisait tomber une bille à chaque mille parcouru.
Quel a été le premier taxi à moteur ?
Une Daimler Victoria équipée d’un taximètre, mise en service à Stuttgart en 1897.
Pourquoi les taxis de New York sont-ils jaunes ?
Les premiers taxis à compteur de New York, lancés en 1907 par Harry Allen, étaient rouges et verts. Le jaune est arrivé ensuite, parce qu’il se voit de loin : Albert Rockwell l’adopte vers 1908, puis John Hertz le rend célèbre avec sa Yellow Cab Company de Chicago, en 1915.
Que sont les taxis de la Marne ?
En septembre 1914, le général Gallieni fait réquisitionner environ 630 taxis parisiens, surtout des Renault AG, pour emmener de nuit des renforts vers le front de la Marne, quatre ou cinq soldats par voiture.
Pourquoi appelle-t-on un fiacre un fiacre ?
À cause d’une enseigne : en 1637, le premier dépôt de voitures de louage de Paris s’installe rue Saint-Martin, face à une maison à l’image de saint Fiacre, un moine irlandais du VIIe siècle. Les voitures ont pris son nom.
Quelle est la différence entre un taxi et un VTC ?
Le taxi a un compteur homologué, contrôlé chaque année, et des tarifs fixés par la préfecture. Il peut être réservé ou pris en station. Le VTC ne travaille que sur réservation, avec un prix fixé à l’avance par la plateforme ou le chauffeur.

