Le taxi peut-il survivre face à Uber ? Oui, s’il s’adapte. Aujourd’hui, les clients veulent réserver sur leur téléphone, connaître le prix avant de partir, payer par carte et se faire comprendre dans leur langue. Uber l’a compris le premier. Les chauffeurs de taxi, eux, en ont maintenant l’obligation, et pour beaucoup l’envie. Moi le premier.
Taxi et Uber en 5 points
- Uber a changé les habitudes : réserver sur son téléphone, voir un prix, payer sans sortir son portefeuille.
- Le taxi garde ses atouts : un tarif fixé par la préfecture, un compteur contrôlé chaque année, un chauffeur identifiable.
- La loi oblige le taxi à se moderniser : terminal de paiement obligatoire, carte bancaire acceptée pour toutes les courses.
- Les clients viennent de partout, y compris sur la Côte de Granit Rose, et ils attendent la même simplicité qu’ailleurs.
- Le taxi qui s’adapte garde ce qu’une plateforme ne peut pas offrir : un artisan local, qui connaît son territoire.
Ce que les clients attendent aujourd’hui
J’ai commencé le taxi à Paris en 2010, juste avant l’arrivée des applications de VTC. J’y ai roulé quatorze ans : j’ai donc vécu ce changement de l’intérieur.
Il faut le reconnaître : sur l’expérience client, Uber a mis la barre haut. On ouvre une application, on voit une estimation du prix, on suit la voiture sur la carte, on paie sans sortir sa carte. Pour un voyageur qui ne parle pas la langue du pays, c’est rassurant.

Réserver sur son téléphone : une habitude que les clients ont prise partout
Ces habitudes ne vont pas disparaître. Un taxi qui ne répond qu’au téléphone, qui n’accepte que les espèces et qui ne dit pas son prix avant de partir perd des clients. Pas parce qu’il travaille mal, mais parce qu’on ne le trouve pas, ou qu’on n’ose pas l’appeler.
Ce qu’une plateforme ne peut pas copier
Un prix encadré. Le tarif du taxi est fixé chaque année par arrêté préfectoral, le même pour tout le monde. Il ne grimpe pas un soir de réveillon ni quand il pleut. Chez Uber, le prix peut monter quand la demande est forte : c’est la tarification dynamique.
Un compteur contrôlé. Le taximètre est un appareil homologué. Le mien passe une visite de contrôle chaque année. C’est lui qui protège le client, et c’est lui qui a donné son nom au métier, je le raconte dans l’histoire du taxi.

Le taximètre : un tarif fixé par la préfecture, pas par un algorithme
Un chauffeur identifiable. Un taxi, c’est une licence, une commune de rattachement et un nom. Si quelque chose ne va pas, vous savez à qui parler. La loi réserve aux taxis le droit d’attendre en station et d’être hélé dans la rue : un VTC, lui, ne travaille que sur réservation.
Même Uber l’a compris : en octobre 2022, la plateforme a lancé Uber Taxi à Paris, des taxis officiels au compteur, réservables dans son application. Quand la plateforme la plus connue du monde fait appel aux taxis, c’est que le métier a encore de l’avenir.

À Paris, taxis et applications travaillent désormais ensemble
La loi pousse déjà le taxi à se moderniser
Se moderniser n’est pas qu’un choix. Depuis la loi Thévenoud de 2014, un taxi doit avoir un terminal de paiement par carte, au même titre que son compteur et son lumineux. Depuis la loi du 29 décembre 2016, le passager a le droit de payer par carte bancaire, quel que soit le montant de la course.
Pourtant, fin 2023, un test mené à Paris a montré qu’un taxi sur trois refusait encore la carte. C’est exactement ce qui abîme l’image du métier. Un client refusé une fois ne rappelle pas, et il télécharge une application.

Payer par carte dans un taxi : un droit pour toutes les courses depuis 2016
Ce que j’ai changé dans mon taxi
Je travaille seul, avec une voiture, à Pleumeur-Bodou. Je n’ai pas le budget d’Uber, mais j’ai fait en sorte qu’on puisse me réserver aussi simplement qu’une application.
- Un site en trois langues, français, anglais et allemand, avec une page de réservation qui donne une estimation du prix tout de suite.
- Des prix maximum garantis sur les trajets les plus demandés, pour un trajet direct : jamais plus de 41 € de jour depuis la gare de Lannion, 225 € depuis l’aéroport de Brest, 172 € depuis le ferry de Roscoff. Le compteur tourne comme d’habitude, mais vous connaissez le plafond avant de monter.
- WhatsApp : on m’écrit dans sa langue, je lis avec le traducteur et je confirme par écrit. Je parle un peu anglais et presque pas allemand : l’application de traduction de mon téléphone fait le reste.
- Tous les paiements : carte bancaire, sans contact, Wero, virement ou espèces.
- Deux applications pour les courses d’assistance : je suis inscrit sur Appsolut et sur Mewi, de Wimova, qui m’envoient ce type de courses.

Réserver un taxi en ligne, aussi simplement qu’une application
Rien de tout ça ne remplace le compteur ni la licence. Ce sont juste des portes d’entrée, pour que les clients me trouvent et me réservent sans hésiter.
Des clients du monde entier, même sur la Côte de Granit Rose
Que ce soit à Paris, en Bretagne ou dans le sud de la France, le monde bouge : pour le travail, pour les vacances, pour le plaisir. Rien que cet été, sur la Côte de Granit Rose, j’ai croisé des Canadiens, des Québécois, des Américains, des Anglais, des Espagnols, des Italiens, des Allemands, des Néerlandais, des Australiens, des Suisses, des Thaïlandais, des Coréens et des Chinois.
Il y a dix ans, j’avais l’impression qu’on ne voyait pas autant de touristes venus de si loin sur la côte : ils restaient surtout dans les grandes villes. C’est mon ressenti, pas une statistique.
Les chiffres confirment au moins une partie : à l’été 2025, les touristes étrangers n’avaient jamais été aussi nombreux en Bretagne, avec 4,8 millions de nuitées, 11,6 % de plus qu’en 2024 (Insee). Les Allemands arrivent en tête, devant les Britanniques et les Néerlandais. Pour les pays plus lointains, les études régionales sont minces : en 2022, l’Asie pesait moins de 2 % des nuitées étrangères en Bretagne (Tourisme Bretagne). Ce que je vois depuis mon volant n’est peut-être qu’un début.

Mon taxi à Pleumeur-Bodou, sur la Côte de Granit Rose
Beaucoup de ces visiteurs viennent de pays où l’on commande une voiture sur son téléphone sans y penser. Ils attendent la même simplicité ici : un site qu’ils comprennent, un message WhatsApp, une carte bancaire. Et quand il faut repartir vite, sans attendre un vol ni louer de voiture, je fais aussi les longs trajets, jusqu’aux aéroports parisiens et plus loin sur devis.
S’adapter sans perdre ce qui fait le taxi
Je ne suis pas là pour taper sur les chauffeurs VTC. Beaucoup travaillent dur, dans des conditions difficiles, avec des règles fixées par la plateforme.
Mais je crois que le taxi a toute sa place, à condition de bouger. Le compteur, la licence et le tarif de la préfecture, c’est notre force. Le site, le téléphone et la carte bancaire, c’est ce qui permet aux clients de nous trouver. Les deux vont ensemble.
Le taxi n’a pas besoin de devenir Uber. Il a besoin d’être aussi simple à réserver.
Si vous vous demandez pourquoi le compteur affiche déjà quelques euros quand vous montez, je l’explique dans mon article sur les frais d’approche. Et tous mes prix sont sur la page tarifs.
Questions fréquentes sur le taxi et Uber
Le taxi va-t-il disparaître à cause d’Uber ?
Je ne le crois pas, à condition qu’il s’adapte. Le taxi garde des atouts qu’une plateforme ne peut pas copier : un tarif fixé par la préfecture, un compteur contrôlé et un chauffeur identifiable. Ce qui lui manquait, c’était la simplicité : réservation en ligne, prix connu à l’avance, paiement par carte. Beaucoup de chauffeurs s’y sont mis, et en 2022, Uber a même ouvert son application aux taxis officiels à Paris.
Quelle est la différence entre un taxi et un VTC comme Uber ?
Le taxi a une licence, un compteur homologué contrôlé chaque année et des tarifs fixés par la préfecture. Il peut attendre en station et être hélé dans la rue. Le VTC travaille uniquement sur réservation, avec un prix fixé par la plateforme ou le chauffeur, qui peut varier selon la demande.
Un taxi est-il plus cher qu’un Uber ?
Ça dépend du moment. Le prix d’un VTC varie selon la demande : il peut être intéressant en heure creuse et monter fortement les soirs de forte affluence. Celui du taxi est le même pour tout le monde, à toute heure, selon le tarif de jour ou de nuit fixé par la préfecture. Sur mes trajets les plus demandés, je garantis en plus un prix maximum pour un trajet direct.
Peut-on payer un taxi par carte bancaire ?
Oui. Depuis la loi Thévenoud de 2014, tout taxi doit avoir un terminal de paiement, et depuis la loi du 29 décembre 2016, le passager peut payer par carte quel que soit le montant de la course. Dans mon taxi, j’accepte la carte, le sans contact, Wero, le virement et les espèces.
Peut-on réserver un taxi en ligne sur la Côte de Granit Rose ?
Oui, chez moi en tout cas : sur ma page de réservation, qui donne une estimation du prix tout de suite, ou par WhatsApp au 06 22 48 49 62. Je suis basé à Pleumeur-Bodou et je fais les trajets vers Lannion, Perros-Guirec, Trégastel, Trébeurden, les gares et les aéroports, 7 jours sur 7, sur réservation.
Comment réserver un taxi en France quand on ne parle pas français ?
Le plus simple est de réserver par écrit, en ligne ou par WhatsApp, dans votre langue. Mon site existe en anglais et en allemand. Je parle un peu anglais et j’utilise un traducteur pour le reste, donc un message écrit évite les malentendus.
Romain travaille-t-il avec des applications de taxi ?
Oui, pour les courses d’assistance : je suis inscrit sur Appsolut et sur Mewi, de Wimova. Pour les autres trajets, on me réserve directement sur mon site, par WhatsApp ou par téléphone.
D’où viennent les chiffres
- Loi Thévenoud n° 2014-1104 du 1er octobre 2014, relative aux taxis et aux voitures de transport avec chauffeur.
- Institut national de la consommation : paiement par carte bancaire pour toutes les courses de taxi, loi n° 2016-1920 du 29 décembre 2016 (article L. 3121-11-2 du Code des transports).
- Le Journal de l’économie : un taxi parisien sur trois refuse la carte bancaire, test du 31 décembre 2023.
- Journal du Geek : lancement d’Uber Taxi à Paris, 12 octobre 2022.
- Insee Flash Bretagne n° 116 : saison d’été 2025 en Bretagne.
- Tourisme Bretagne : les clientèles étrangères en Bretagne, étude Reflet 2022.

